Galileo, le système européen de positionnement par satellites, commence enfin à montrer le bout de son nez. Pas trop tôt, pour un système censé concurrencer l’américain GPS et le russe GLONASS depuis 2008...
Avec un retard d'au moins 4 ans, Galileo semblait devoir rester une utopie ou au mieux un simple gouffre financier. Mais finalement, malgré un lancement prévu en 2000, le système européen de navigation par satellite, qui a pour but de concurrencer l’américain GPS (Global Positioning System), semble enfin avancer, malgré tous les désaccords ayant jalonné la mise en marche de ce projet entre les différents pays participants.
Le centre spatial guyanais a vu décoller la fusée Soyouz embarquant les deux premiers satellites du système, pesant chacun près de 700 Kgs. Placés à une orbite de près de 23.000 Kms d’altitude (Rappelons que la Terre a un diamètre d’environ 12.742 Kms), ceux-ci représentent la première vague d’une longue série, puisqu’au minimum 30 satellites sont nécessaires pour que Galileo soit véritablement opérationnel. A priori, cela devrait arriver en 2014. Ou plutôt, pas avant…
L’histoire a commencé avec un consortium d’industriels de différents pays européens, tels Thalès ou Alcatel-Lucent pour la France, Inmarsat pour le Royaume-Uni, ou encore les italiens Finmeccanica et AENA, alliés au secteur public, qui ont reçu en 2005 l’autorisation de lancement du projet.
Après des désaccords financiers et sur les termes de la concession d’exploitation (le consortium industriel devait initialement pouvoir exploiter commercialement Galileo pendant 20 ans), la Commission européenne a décidé en 2008 de retirer le projet des mains du consortium, et de financer entièrement celui-ci par des fonds publics (1 milliard avait été initialement investi, 2,4 ont été rajoutés, sachant qu’au moins 10 milliards d’euros seront nécessaires pour l’ensemble).
L’attribution des différents marchés s’est déroulée en 2010 : le français EADS Astrium ayant été écarté, ce sera l’allemand OHB System enverra les 14 premiers satellites, pour un montant total de 566 millions d’euros. Néanmoins, afin de ne vexer ni léser personne, le premier s’est vu promettre un contrat pour l’une des prochaines tranches de satellites…
Les services de soutien au système ont été dévolus à l’italien ThalesAleniaSpace (montant de 85 millions d’euros), et les mises en orbite à Arianespace. Néanmoins, les satellites seront a priori tous envoyés par des lanceurs Soyouz, jugés moins chers par l’Allemagne, qui souhaite diminuer le coût de ce programme européen de 500 millions d’euros.
L’indépendance technologique a un prix… et le poids du marché des services liés au positionnement par satellite aussi : ils devraient atteindre 244 mlliards d'euros en 2020...
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